« Vous êtes une fontaine d’encre » lui dit Jean Cocteau. Le poète s’adresse à Colette qui le reçoit dans son appartement du Palais royal. Celle-ci, modeste et tout à son point de croix, lui répond qu’elle n’est pas névrosée et qu’elle se contente de faire ce qui lui plaît. Dans ce film de Yannick Bellon (1951) présentée à l’exposition Colette, Cocteau, incrédule, la questionne ainsi sur sa puissance d’écriture et fait naître en nous l’idée d’une Colette énigmatique.

C’est cette interrogation qu’ont poursuivie les élèves de seconde 4 qui sont allés visiter la très belle exposition Colette à l’abbaye Saint-Germain (réalisée par la Bibliothèque municipale J. Lacarrière et Bernard Clavreuil) le vendredi 6 janvier 2012.
Emmenés par leurs professeurs, Mme Meyer, l’initiatrice du projet, et M. Gand, les élèves ont pu découvrir la complexité de la création littéraire et la personnalité multiple de cette écrivaine (mot admis par le Larousse 2009) de Saint-Sauveur, chère au cœur des Icaunais. Mais aussi chère au cœur des Français. Marie Noël ne l’appelle-t-elle pas « Colette de France » dans la lettre qu’elle lui adresse et que la destinataire n’a jamais pu lire (lettre à Colette morte, 6 août 1954) ?
Le questionnaire de Mme Meyer, leur professeur de français, a guidé les élèves au sein d’une multitude de panneaux et de vitrines. Ils y ont découvert que cette romancière avait été aussi comédienne, journaliste ou maquilleuse (voir sa ligne de produits ci-dessus).
Elle n’a pas connu une vie classique et son itinéraire fut celui d’une femme libre et moderne.
Une leçon à méditer pour la jeunesse : les auteurs ne sont pas des morts ressuscités par les manuels et les programmes. Ils ont vécu ardemment leur époque dont ils ont parfois constitué l’avant-garde. Colette en est une illustration parfaite.